Voyager pour faire des reportages c’est bien, faire les reportages c’est mieux. Deuxième article de cette série.

Dans le premier article nous avons vu l’étape du voyager aller. Ce trajet qui permet d’arriver dans un hôtel, une guesthouse, une maison d’expat ou une chambre dans une caserne ou un hôpital. Le reportage commence dès cet instant. Il s’agit de se mettre dans les dispositions qui permettent de réussir le reportage et pas uniquement de prendre des photos.

Organisation sur le terrain

Pour le voyage aller, le matériel a été conditionné pour palier une éventuelle permet des bagages de soute, il convient donc de réorganiser les sacs, notamment pour se préparer à la journée de prise de vue et pour gérer le matériel qui reste à l’hébergement : chambre d’hôtel, guesthouse, chambre de garde dans un hôpital ou une caserne, etc…

Le maître mot est indéniablement : Organisation ! Cela commence dès l’arrivée à l’hébergement, quel qu’il soit. Tout d’abord faire de la place pour ranger le matériel et identifier la ou les prises de courant pour mettre à charger les batteries des appareils photos, des ordinateurs portables etc…Instrument indispensable de tout reportage durant plusieurs jours : la multiprise ! Sans elle c’est la galère assurée. Pour organiser mon matériel je me sers de la Pelicase comme support pour les appareils à charger et j’essaye de trouver un bureau ou une étagère pour ranger le matériel de reportage à nettoyer, vérifier, décharger, etc…

La photo ci-dessous montre le plan de travail pour le reportage sur les pompiers du SDIS 25 : 4 jours avec le biper allumé pour partir sur les interventions : feux, secours à victime, secours routier etc…

Agrandir

Reportage SDIS 25
Caserne de Morteau : chambre de garde

Une fois le matériel déballé et vérifié, je prends le temps d’identifier les conditions de sécurité pour savoir si le matériel peut être mis en sécurité ou s’il faut le trimbaler durant toute la journée. Il y a souvent des coffres-forts dans les hôtels, soit dans les chambres, soit à la réception, idem dans les guesthouses. Dans les reportages avec des pompiers ou des structures médicales, il y a toujours un local sécurisé dans lequel le matériel peut être stocké. J’utilise aussi des câbles anti-vol et des cadenas qui permettent de sécuriser sommairement le matériel qui reste dans la chambre. Pas la peine d’amener des cadenas spécifiques, j’utilise ceux qui permettent de fermer les bagages de soute.

Journée de prise de vue

Une journée de prise de vue commence toujours de la même manière et par la même question : quelles sont les photos nécessaires ?

D’ailleurs, la journée de prise de vue commence la veille, hors de question de préparer le matériel le matin même. Bref. Une fois la question des photos nécessaires évoquée, d’autres questions permettent de préparer le matériel, enfin en l’occurrence, ce sont les réponses qui permettent de s’organiser :

  • Combien de temps dure le reportage ? : combien de batterie, combien de cartes mémoires, etc…
  • Quel est la nature du terrain ? : quels objectifs emporter, faut-il un boitier tropicalisé, une valise anti-choc, faut-il des équipements particuliers comme un casque, etc…
  • Faudra-t-il marcher longtemps ? : faut-il réduire la quantité de matériel pour voyager léger, faut-il prévoir de la place pour emporter de l’eau ou de la nourriture, etc…
  • Quelles vont être les conditions d’éclairage ? : faut-il prévoir un ou plusieurs flash, des déclencheurs à distance, des trépieds lumière etc…
  • Quelles vont être les conditions météo ? : quels vêtements prévoir, faut-il des housses de pluie pour le matériel, etc…

Lorsque le matériel est préparé pour la journée, une bonne (mais souvent courte) nuit est la bienvenue. Sur le terrain les prises de vue apparaissent relativement simple si tout le matériel a été préparé correctement. Il faut se souvenir des photos nécessaires, des différents angles de vue requis. Un petit carnet permet de cocher au fur et à mesure les photos réalisées, le nom et l’adresse mail des personnes interviewées ou photographiées. Bref, en plus de votre boitier, de vos objectifs etc… n’oubliez pas votre carnet et deux ou trois stylos. Je n’ai jamais compris la capacité des stylos à se cacher au fond des sacs pendant la journée et à ne réapparaître que le soir !

Agrandir

BlogNicolasBeaumont-2
Matériel pour travailler en sauvetage souterrain : casque et frontale indispensables.

Si vous préférez éviter le papier / crayon et utiliser un mémo digital, vous pouvez creuser du côté de : Google task, OneNote, Evernote, etc… Restez simple par contre et n’oubliez pas que plus vous êtes dépendants d’appareils électroniques plus vous êtes vulnérables dans les terrains difficiles. Lorsque j’ai fait le reportage avec le Spéléo Secours français, je n’avais pas anticipé le taux d’humidité dans les cavités souterraines. Moins d’une heure après être arrivé au fond des galeries mon enregistreur audio, mon flash et mon téléphone portable avait déclaré forfait. Ce n’est que le lendemain que tout ce petit monde a refonctionné. D’où l’intérêt du bon vieux carnet !

Pour en revenir aux prises de vues elles-mêmes, rien de révolutionnaire. Pensez bien à alterner des plans portraits et des plans paysages et n’hésitez pas à beaucoup vous déplacer autour des sujets pour varier les prises de vues. Plus la journée dure longtemps, plus la fatigue va venir perturber la créativité. Il faut que les changements de plans et de positions deviennent un réflexe.

Dans le prochain article nous verrons comment organiser la fin d’une journée et le retour.

Agrandir

BlogNicolasBeaumont-3
La Pelicase peut aussi servir de table !
Share it
Share On Facebook
Share On Twitter
Share On Google Plus
Share On Linkedin
Share On Pinterest
Contact us