Dorothea Lange, la dignité de la crise
« Photographe américaine (1895-1965), l'image d'une autre Amérique pendant la Grande Dépression. »

Atteinte d'une polio à sept ans qui la laissera boiteuse, Dorothea Lange ouvre un studio de portraits à San Francisco dans les années 1920. La crise de 1929 la pousse dans la rue. White Angel Breadline (1933) marque le tournant : la photographie comme témoignage social, plus comme commande.
Engagée par la Farm Security Administration en 1935, elle parcourt la Californie et l'Oklahoma. Migrant Mother (1936) — Florence Owens Thompson et ses enfants devant une tente — devient l'icône absolue de la Dépression. Lange notait soigneusement les paroles des sujets ; ses légendes valent ses images.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle documente l'internement des Américains d'origine japonaise — un travail si dérangeant pour les autorités qu'il sera classé jusqu'en 2006. Son œuvre fonde, avec celle de Walker Evans, le canon documentaire américain : montrer la pauvreté sans la dégrader.
