Edward S. Curtis, le grand inventaire
« Photographe américain (1868-1952), trente ans à photographier les peuples autochtones d'Amérique du Nord. »

Edward Curtis ouvre un studio de portraits à Seattle en 1891. À la fin de la décennie, il commence à photographier les peuples autochtones du Pacific Northwest. Le projet enfle. Avec le soutien financier de J.P. Morgan, il consacre trente ans à The North American Indian (1907-1930) : 20 volumes, 2 000 planches photogravées.
Il documente plus de 80 nations, de l'Alaska au Mexique. Son projet est ambivalent : il croit photographier des peuples « en voie de disparition » (le mythe du Vanishing Race), parfois retire des objets modernes du cadre, parfois fournit costumes et accessoires. Les communautés concernées contestent aujourd'hui certaines images, en redécouvrent d'autres.
Curtis meurt en 1952 dans la pauvreté, son œuvre largement oubliée. Sa redécouverte commence dans les années 1970. The North American Indian reste, malgré ses biais, le plus vaste corpus visuel sur les peuples autochtones d'Amérique du Nord avant la photographie autochtone elle-même. La discussion sur ce qu'il signifie aujourd'hui se poursuit.
