Mary Ellen Mark, l'empathie sans concession
« Photographe américaine (1940-2015), elle a passé sa carrière au plus près des invisibles : prostituées, sans-abri, malades. »

Diplômée en peinture puis en photojournalisme à l'Annenberg School, Mary Ellen Mark publie son premier reportage en 1969 — pavillon n° 81 d'un hôpital psychiatrique de l'Oregon, où elle vit deux mois avec les patientes (Ward 81, 1979). Le projet pose sa méthode : durée, présence, refus du raccourci.
Falkland Road (1981), trois mois dans le quartier des prostituées de Mumbai. Streetwise (1983), enfants des rues de Seattle, devient un Oscar nominé. Le Cirque indien, la commune de Hare Krishna, la Mère Teresa à Calcutta : ses sujets convergent vers ceux que la presse traite vite et qu'elle prend le temps de connaître.
Mariée au cinéaste Martin Bell, qu'elle suit ou qui la suit selon les projets, Mary Ellen Mark publie 18 livres et signe pour Life, The New Yorker, Vanity Fair. Morte en 2015 à 75 ans, elle laisse une œuvre d'une rare cohérence éthique : photographier ne dispense jamais de revenir voir.
