Willy Ronis, la photographie comme tendresse
« Photographe français (1910-2009), Ménilmontant et Belleville comme territoire, l'humanisme comme méthode. »

Né à Paris dans une famille juive d'origine ukrainienne, Ronis succède à son père photographe en 1936. Membre du parti communiste, il photographie les grèves de 1936, la Libération, les ouvriers de Citroën et Renault. Le Petit Parisien (1952), Place Vendôme (1947) deviennent des classiques.
Ses paysages urbains de l'est parisien — Ménilmontant, Belleville, Buttes-Chaumont — sont d'une douceur qui n'a jamais cédé à la mièvrerie. Le Nu provençal (1949), portrait de sa femme Marie-Anne devant une bassine, est devenu une image archétypale du nu non-érotisé.
Membre du collectif Rapho aux côtés de Doisneau, Boubat, Brassaï, Ronis aura photographié huit décennies sans rupture stylistique. Légué à l'État en 1983, son fonds — environ 60 000 négatifs — est conservé par la Médiathèque du Patrimoine. Il meurt à 99 ans, encore actif.
